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 Les douleurs citoyennes

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MessageSujet: Les douleurs citoyennes   Lun 16 Avr - 16:22

par Abdou B.
«La douleur qui
se tait n'en est que plus funeste».

Racine

L'état d'avancement d'une
gouvernance et la qualité d'une démocratie peuvent être quantifiés et qualifiés
au plus près, par une série d'instruments modernes et fiables, délivrés et
certifiés par des instances et des structures que personne ne conteste
fondamentalement. Ni au sein d'un pouvoir ni parmi les opposants, dès que les
règles de jeu sont admises par tous et confortées régulièrement par des
élections marquées par la propreté, la transparence et des mécanismes de
contrôle indiscutables dans un pays. Cependant les progrès d'une démocratie
revisitée en fonction des mutations internes et externes, ceux des mécanismes
qui la régulent et qui la contrôlent sont le reflet honnête sinon très exact de
la classe politique, dans sa diversité, qui anime une nation, d'une
administration compétente et non alignée et d'institutions intègres et
performantes. Les paramètres économiques, ceux du volume d'exportations et de la
croissance, le niveau du chômage et de l'investissement national et étranger
renseignent, bien entendu, sur la marche d'une construction d'un pays.
L'université et le niveau validé à l'international de la recherche
scientifique, le nombre de chercheurs reconnus et de brevets déposés, la
maîtrise des langues étrangères et de l'informatique à l'école, au collège, dans
les centres et instituts de formation, dans les foyers, indiquent eux aussi sur
le sens d'une marche. Dans les ministères, les administrations, les postes, au
parlement, dans chaque mairie et chaque wilaya, dans les universités, les
recettes fiscales, la généralisation de l'intranet, de l'internet, de
l'informatique, l'existence de sites toujours mis à jour, consacrent la
décentralisation, la fluidité des transactions et la rapidité des services
publics. Dans l'espace public, la ponctualité, la propreté, la sécurité, les
horaires nocturnes à la portée de tous, des transports collectifs publics et
privés disent l'intérêt porté aux consommateurs-payeurs, tout autant que la
qualité des rues, des routes, des arrêts, le nombre de parkings, l'hygiène et la
tenue de tous ceux qui sont en relation avec le public.

Les enquêtes
publiées par la presse privée ont d'abord le mérite qui vaut de l'or pour des
gouvernants, ni sourds ni aveugles, de mettre le doigt et d'alerter sur les
douleurs des citoyens. Le rituel qui met à l'affiche des responsables aux
sourires béats, les zéros qui rehaussent les réserves de change, le nombre de
barils exportés, les slogans publicitaires «genre douar» autour du chômage qui
serait en baisse alors que les visiteurs des poubelles n'ont jamais été aussi
nombreux, ne rendent nullement service au pays. La qualité d'une gouvernance et
le niveau atteint par une démocratie respectueuse de l'égalité des chances et
des sexes, se mesurent aussi par les campagnes orchestrées dans tout le pays,
dans les médias, les écoles et les enseignements secondaires et supérieures,
toute l'année pour combattre des fléaux hyper menaçants. L'environnement, le
réchauffement climatique, la désertification, la pollution et la saleté
repoussante du pays, les détritus qui au gré du vent ne laissent aucun espace
vierge, le sida, la drogue ne sont-ils pas des sujets parfaits pour une
mobilisation non-stop de tout et de tous? Tous ces maux sont en réalité des
douleurs citoyennes qui laissent indifférents ceux qui n'égrènent que les bonnes
nouvelles, les bons chiffres (souvent contradictoires), les bonnes décisions et
des lois (parfois contredites) qui ne trompent plus personne depuis longtemps.


Les violences faites aux femmes, les lois qui les répriment et leur
application sont de leur côté un paramètre fiable, avec les douleurs qui le
caractérisent quant à l'évolution d'une société et d'un pouvoir, pour mesurer
leur volonté d'éradiquer ces violences abjectes et, celle de protéger la moitié
de la population du sexisme, du machisme, des bigots hurleurs qui se servent des
femmes, même en campagne électorale. Le sida n'a pas, comme dans toutes les
grandes nations, tout l'intérêt que nécessite sa dangerosité. Les médias lourds,
les ministères directement concernés, les partis au pouvoir et dans
l'opposition, les «grandes» organisations et associations qui tètent à toutes
les subventions jouent l'indifférence. Bien sûr le sida est dans de très
nombreux cas, lié à l'homosexualité et la toxicomanie, des pratiques aussi
développées en Algérie qu'ailleurs. Et alors pourquoi maintenir des tabous, la
«jouer regards obliques» ou méprisants. Un drogué et un homosexuel sont des
Algériens à part entière, et il y en a sûrement qui sont en règle avec le fisc,
contrairement à ces bandits importateurs de pétards et autres explosifs barbares
pour les fêtes religieuses. Mais quelles complicités «en haut» ont-ils pour
faire déferler sur tout un pays des produits interdits par la loi? Ce n'est-là
qu'une question faussement naïve qui sera sûrement, ici ou ailleurs, posée lors
de la prochaine fête religieuse dont se servent de gros trafiquants pour
s'enrichir en une semaine, avec les douleurs que provoque le bruit.

Une
démocratie et une gouvernance dignes d'un grand pays se mesurent aussi par les
soins qui entourent l'enfance, pour sa nutrition, ses loisirs, ses crèches, son
éducation, la pratique du sport, de la danse, de la musique, etc. Mais qu'en
pensent les publicitaires des bonnes décisions, des bonnes nouvelles dans leur
pays imaginaire où jamais les chefs ne commettent d'erreurs et d'ailleurs ne se
trompent jamais. Selon les services de police qui ne peuvent être accusés de
verser dans l'opposition ou l'alarmisme, les cas de violence envers les enfants
se comptent par milliers, dans un pays où les apôtres de l'islamisme semblent ne
pas être au courant d'un fléau porteur de violence que l'enfant devenu adulte
risque de reproduire. Et l'innocence n'est pas épargnée des violences sexuelles
occultées dans certains médias lourds, faute d'émissions scientifiques,
sociales, à même de sensibiliser et d'alerter sur tous les crimes et délits. Les
douleurs citoyennes sont comme le fameux sein, de la fameuse pièce. Il faut les
cacher.

Heureusement que devant la vacance des institutions, des
députés et autres structures d'alerte, des journaux privés dénoncent décrivent,
informent pour ancrer une culture contre les douleurs citoyennes. Celles-ci sont
encore causées par un terrorisme qui n'en finit pas de rebondir, de profiter de
toutes les failles politiques et surtout de l'absence quasi systémique de la
recherche courageuse et d'ouverture pour un front national et un consensus sans
faux-fuyant face au terrorisme. L'autre consensus vital concerne la
représentation nationale au Parlement. C'est dans la douleur que les Algériens
observent les agissements des maquignons qui entourent la préparation des
futures législatives. Comment un pouvoir qui se respecte laisse faire, à ciel
ouvert, l'intrusion d'argent qui va être blanchi par l'achat et la vente de
sièges pour ensuite acheter et vendre des consciences, avec la bénédiction
rentabilisée de partis dont certains se targuent d'être démocrates. Avec ou sans
agrément les prédateurs sont en chasse, indifférents aux douleurs des citoyens.
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