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 Marché de travail et globalisation : La nouvelle logique

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CHIRAZ
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MessageSujet: Marché de travail et globalisation : La nouvelle logique   Jeu 19 Avr - 16:09

par Djalel Maherzi : Enseignant-Chercheur

Dans son article intitulé « Lost in a global age », Chrystia Freeland a soulevé la question de la relation nation-citoyen dans un monde globalisé et a discuté l'étendue de la notion de l'identité individuelle.

Pour ma part, j'essaierai de voir les choses à un niveau inférieur, c'est-à-dire au niveau de la relation entreprise-salarié et des effets de changements qu'implique le phénomène de mondialisation sur le marché de travail.

Autrefois, les entreprises conservaient leur personnel pendant les moments difficiles, et ce, même sans réelle nécessité. Elles savaient qu'à long terme, il était plus intéressant de garder son personnel, même si elles n'avaient pas concrètement besoin d'eux dans l'immédiat.

Cette stratégie de « stockage du personnel » permettait de retenir et garder les meilleures compétences, mais aussi de développer une attitude de confiance et de fidélité envers le personnel qui, lui, gardait alors une certaine motivation.

De nos jours, cette logique tend à disparaître pour laisser place à une nouvelle culture qui se développe de plus en plus dans les entreprises : il faut donner la priorité aux résultats financiers à court terme, au détriment des résultats à long terme. Autrement dit, cette nouvelle culture est basée sur l'idée suivante : réduisez vos effectifs dès que vous jugez que vous n'avez plus besoin d'eux, vous pourrez les remplacer ultérieurement et sans difficulté.

De ce fait, ce rapport de loyauté et de fidélité entre l'entreprise et les travailleurs tend à disparaître.

Donner la priorité à la productivité immédiate au détriment de celle à long terme et, dans ce sens, sacrifier aussi des emplois implique aussi nécessairement la montée de l'angoisse chez les travailleurs.

Et cette angoisse n'est pas injustifiée, car, actuellement, des salariés de différentes catégories se trouvent confrontés au risque d'être licenciés ; l'exemple le plus récent est celui d'Airbus.

Autrefois, dès la grande crise économique de 1929, les syndicats ont lutté pour l'idée de la sécurité de l'emploi. Ils tentaient de protéger les ouvriers en tissant un filet de sécurité contre les décisions économiques des employeurs. Cependant, face aux mutations économiques, ces syndicats se sont affaiblis et l'insécurité s'est finalement généralisée.

L'accélération du changement du capitalisme a effectivement engendré un changement profond sur le marché du travail. Aussi, plutôt que de débattre l'idée d'emploi à vie, il faudrait au préalable réfléchir sur les modalités d'adaptation avec l'environnement actuel, tout en développant le concept de l'employabilité à vie.

Aujourd'hui, cette insécurité perdure, mais les mesures à prendre pour y remédier sont tout autres. Il incombe désormais aux salariés de se prendre en charge et de rester conscients de la nécessité de se former tout au long de leur vie professionnelle, afin de pouvoir passer facilement d'un emploi à un autre.

A notre avis, cette solution pourra réduire l'angoisse de l'insécurité de l'emploi et rendra moins fragile l'économie.

Cette mobilité de l'emploi impliquera bien entendu des réformes touchant notamment aux régimes des retraites, et ce en vue de les rendre plus transférables.

Aussi, et comme l'a souligné Joseph Stiglitz, le premier pas de la réforme consiste à revoir en priorité le système d'éducation. Il faut le concevoir en tant que système qui enseigne aux personnes à apprendre et à se former de manière continue et régulière, ceci dans le but de les rendre plus mobiles.

Cette hyper mobilité sera sans doute bénéfique pour l'économie et le marché de l'emploi. Le rapport de loyauté ne sera plus alors entre l'entreprise et le travailleur, mais bien entre ce dernier et ses compétences.

- Chrystia Freeland, Financial Times, 17-18 Mars 2007
- Eric Le Boucher, La France face à la mondialisation, Conférence ENS, Lyon, France, février 2007
- Cf. Joseph Stiglitz, Quand le capitalisme perd la tête, éd. Fayard, 2003
- Chrystia Freeland, op.cit.
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