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 Paul Wolfowitz.le scandale

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HAKIM
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MessageSujet: Paul Wolfowitz.le scandale   Ven 20 Avr - 2:26

Le banquier qui tapait dans la caisse



« Si les riches avaient le moindre sens de la solidarité, il n’y aurait plus de pauvres. Mais il n’y aurait plus de riches non plus. »

Bernard Shaw

Les conseilleurs ne sont pas toujours les payeurs », grommelle le petit agent de la Banque mondiale, visiblement énervé mais satisfait de la tournure des événements et de la mélasse dans laquelle s’est empêtré son patron.

Non pas que Wolfowitz lui a fait des misères, mais le petit agent ne comprend pas qu’un type si important, précédé d’une solide réputation, qui avait placé la lutte contre la corruption au cœur de sa politique, puisse ainsi tromper son monde sous des apparences éthiques irréprochables. Le principal architecte de l’invasion de l’Afghanistan en 2001 et de l’Irak en 2003 est décidément dans de mauvais draps, malgré le soutien indéfectible de Bush, son sponsor, et qui l’a imposé à la présidence de cette institution mondiale financière en 2005. Il est reproché à Paul d’avoir accordé une importante augmentation de salaire à sa compagne, la Libyenne Shaha Riza, qui travaillait à la banque, lors de son détachement au département d’Etat. Certes, l’accusé a reconnu son entière responsabilité dans la promotion de sa compagne et présenté ses excuses devant la presse, mais le personnel de la Banque et les ONG lui ont demandé de jeter le tablier pour sauver la face et la crédibilité de l’institution.
Un homme isolé



Les protestataires se sont basés sur les rémunérations par la banque, jugées exorbitantes, alors que Mme Riza a été réaffectée à la Fondation pour le futur, ce qui est en violation des règles de la banque. Les critiques justifiées font ressortir que « l’élue » de Paul a vu son salaire passer de 133 000 $ par an à 193 590 $, net d’impôts, ce qui, à titre d’exemple, dépasse de loin le salaire de la secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice. Mais par-delà ces tribulations, c’est la tête même de Paul qui est mise à prix, en raison de son mépris envers ses subordonnés, de son népotisme et pour boucler la boucle pour son clanisme, puisque l’ex-numéro deux du Pentagone s’est entouré de conseillers très spéciaux, ramenés presque tous de la Maison-Blanche, qui, par leur comportement arrogant et dominateur, ont mis sous l’éteignoir tous les anciens fonctionnaires de la banque, réduits au rôle de comparses. « Alors qu’il se pose en apôtre de la lutte contre la corruption dans les pays du Sud, Wolfowitz est pris la main dans le sac et la seule issue acceptable est sa démission immédiate », lance le comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde. Interrogé lors d’une conférence de presse sur sa démission éventuelle de la banque qu’il dirige depuis deux ans, l’ancien décideur de Washington, âgé de 63 ans, a répondu que son sort dépendait du conseil d’administration. « J’aurais dû faire confiance à mon intuition initiale et demeurer en dehors de toute négociation », concernant les augmentations de salaires dont a bénéficiées son amie Shaha. Sans attendre le verdict, l’association des employés de la Banque a été catégorique. « Il doit agir avec honneur et démissionner. Le conseil d’administration doit prendre les devants en se lançant à l’échelle internationale à la recherche d’un nouveau président capable de restaurer l’intégrité de la banque. » Mais qui est Paul Wolfowitz ? Il est le fils de Jacob, un juif polonais né à Varsovie, dont les parents ont émigré à New York lorsqu’il avait 10 ans. Diplômé du City College de New York, Wolfowitz père obtient un doctorat en mathématiques à l’université de la même ville et devient dans la foulée l’un des meilleurs experts américains en théorie de la statistique. Politiquement, Jacob est un sioniste convaincu. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Jacob effectue des études pour l’armée américaine au sein de l’université de Columbia. C’est à cette époque que naît Paul en 1943. En 1957, la famille déménage en Israël après que Jacob eut accepté un poste à l’université de Tel Aviv. Paul réussit des études brillantes. Diplômé en mathématiques, il travaille, dès l’âge de 23 ans, pour le gouvernement au bureau du budget (1966-1967). En 1969, il est au sein d’une commission du Congrès avec l’objectif de convaincre le Sénat de la nécessité de doter les Etats-Unis d’un parapluie antimissile face aux Soviétiques. Il y réussit. Dès lors, il s’engage à fond dans les questions de stratégie militaire. Selon lui, il faut identifier les adversaires (URSS, Chine, Irak) et démontrer qu’ils sont plus dangereux que ce qu’on imagine afin de justifier un effort supplémentaire de défense avec, notamment, l’augmentation du budget, la fabrication de nouvelles armes, le déploiement plus important de troupes à l’étranger, allant jusqu’au déclenchement d’attaques ou de guerres préventives.
Un va-t-en-guerre



Sa fonction de consultant auprès des multinationales de l’armement est pour beaucoup dans cette prise de position. Il enseigne deux ans à l’université de Yale et obtient le titre de docteur en sciences politiques à l’université de Chicago en 1972, un des centres intellectuels de la réaction conservatrice. Durant 4 ans, 1973-1977, il exerce à l’agence du contrôle des armes et du désarmement en relation directe avec Bush père qui, à ce moment-là, dirige la CIA. Puis, il entre directement au Pentagone en 1977 et y reste jusqu’en 1980 au service du président démocrate Jimmy Carter. Il monte un dossier pour démontrer que les Soviétiques se dotent d’armes nucléaires nouvelles. Il s’est avéré, par la suite, que ces armes nouvelles supposées aux mains des Soviétiques sont largement des affabulations. Mais Paul, sans se déjuger, continue à propager des rumeurs aussi infondées que fantaisistes. Il voit le mal partout et met en garde ses compatriotes contre des dangers imminents qui n’existent que dans sa tête, et dans celles de ses sponsors marchands d’armes. Il réussit malgré tout la gageure d’entrer au service du président Reagan en 1981. Il devient directeur du département de la planification. De 1983 à 1986, il dirige le secteur Asie de l’Est et Pacifique du département d’Etat sous Reagan. De 1986 à 1989, il est ambassadeur des Etats-Unis en Indonésie. De 1989 à 1993, il dirige la stratégie du secrétaire d’Etat à la défense Dick Cheney dans l’Administration de Bush père (dès le déclenchement de la 1re guerre du Golfe) pour devenir après les deux mandats de Clinton le sous-secrétaire d’Etat à la défense, partageant avec Rumsfeld la direction des guerres contre l’Afghanistan et l’Irak. En bref, depuis 30 ans, Paul Wolfowitz participe à presque tous les cabinets civils du Pentagone. Il s’est fait une spécialité d’inventer des menaces imaginaires pour justifier de nouveaux crédits et de nouvelles aventures. Il a théorisé les interventions préventives et l’intimidation des compétiteurs émergents. N’hésitant pas à s’ingérer dans la tactique militaire, il a imposé ses conceptions aux officiers de terrain. A titre d’exemple, Paul Wolfowitz est un des principaux créateurs des mensonges concernant le danger constitué par Saddam pour la communauté internationale. Il est l’un des inventeurs de l’existence d’armes de destruction massive et du supposé soutien de Saddam à Al Qaîda et du terrorisme international en général. Au début de la guerre, Paul avait affirmé que les marines seraient toujours considérés comme des libérateurs de l’Irak et choyés comme tels par les Irakiens. On connaît la suite avec plus de 3000 tués et le sentiment amer affiché par les Irakiens en direction de « leurs protecteurs ». Dans un autre registre, Paul déclarait que l’Irak paierait lui-même le coût de sa libération grâce au pétrole. Avec ses pairs Bush et Cheney, Paul s’est attelé à utiliser l’occupation et la reconstruction de l’Irak au profit des multinationales américaines. L’ancien va-t-en-guerre et irréductible « faucon » de la Maison-Blanche se trouve aujourd’hui au milieu du gué. Soit il persiste à faire le dos rond et poursuivre son mandat à terme jusqu’en 2010, soit il se démet comme le lui suggèrent ses contempteurs. Ceux-ci, comme on peut l’imaginer, se frottent les mains à l’idée de voir « ce boss atypique » quitter les lieux. En réalité, le scandale, qui vient d’éclabousser la Banque mondiale et diviser les délégués des 183 Etats membres, réunis cette semaine en assemblée générale, était le flop de trop. Les administrateurs de la banque eux-mêmes semblent avoir trouvé là un bon prétexte pour se venger d’un homme qui les a privés de débats et qui a fait partir en deux ans une brochette de vice-présidents qui contestaient plus ou moins l’attitude musclée de sa garde rapprochée, ainsi que la façon de celui-ci de gérer l’argent, notamment l’affectation des crédits qui se faisait d’une manière sélective, et pas toujours dans l’intérêt bien compris de la banque. « Il se plie facilement aux injonctions de Washington et lorsque le département d’Etat américain lui demande de faire ceci ou cela, il s’exécute sans broncher et plus grave, sans consulter ses proches collaborateurs du conseil d’administration », témoigne un de ses subordonnés, exaspéré par l’attitude de son chef.
Un scandale en cache un autre



Avant le scandale de quelques semaines, Paul s’est rappelé au souvenir des médias lorsque la télévision turque l’a montré en visite dans une mosquée au nord d’Ankara, devisant avec l’imam sur les préceptes de l’Islam… les chaussettes trouées. On pouvait aussi le voir, au milieu des enfants, en plein cœur de l’Afrique, fustigeant « ces dirigeants rapaces du continent noir, corrompus jusqu’au cou et qui détournent les aides à leur profit… Ceux-là, il faut leur tordre le coup », avait-il menacé. La personnalité de Paul, il faut sans doute la chercher dans sa doctrine qu’il développe dans un document en 1992, Défense Planning Guidance, dans lequel l’auteur évoque un nouvel ordre mondial soutenu par les Etats-Unis qui n’auraient plus que des alliances conjoncturelles, au gré des conflits. L’ONU et même l’Otan seraient de plus en plus mises sur la touche. Plus largement, cette doctrine théorise la nécessité pour les Américains de bloquer l’émergence de tout compétiteur potentiel à l’hégémonie de Washingon, dont notamment l’Union européenne. « Bien que les Etats-Unis soutiennent le projet d’intégration européenne, nous devons veiller à prévenir l’émergence d’un système de sécurité purement européen qui minerait l’Otan, particulièrement sa structure de commandement militaire intégré », avait-il averti le Pentagone au début des années 1990. Ainsi est fait Wolfowitz avec ses multiples facettes, piégé par une simple « aventure » sentimentale. Il devra méditer ces propos pleins de sagesse du poète Aragon. Rien n’est jamais acquis à l’homme, ni sa force, ni sa faiblesse, ni son cœur. Sa vie est un étrange et douloureux divorce. Il n’y a pas d’amour heureux…

PARCOURS

Né en 1943, Paul Wolfowitz a été nommé comme 10e président de la Banque mondiale le 31 mars 2005. Avant sa nomination, M. Wolfowitz a été, pendant plus de 3 décennies, fonctionnaire, ambassadeur et professeur d’université. Il a notamment travaillé 24 ans dans l’administration américaine sous 7 présidents. Son expérience comprend 3 années au poste d’ambassadeur des Etats-Unis en Indonésie, ainsi que de nombreux travaux réalisés à Washington sur l’Asie de l’Est et le Pacifique. M. Wolfowitza également exercé de hautes fonctions dans l’enseignement supérieur. De 1994 à 2001, il a occupé le poste de doyen et de professeur de relations internationales à l’université Hopkins. M. Wolfowitz a publié de nombreux ouvrages sur la politique étrangère, la diplomatie et la sécurité nationale et a été membre du conseil consultatif des affaires étrangères. Il s’est séparé, depuis 2002 de son épouse Claire, anthropologue, spécialiste de l’Indonésie. Ils ont eu ensemble 3 enfants. Il vit aujourd’hui avec Shaha Ali Riza, une féministe britannique d’origine libyenne en charge des droits des femmes arabes à la Banque mondiale.
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